Le mauvais comportement


Ecrit par Aboû ‘Abd Allâh Mouhammed Ibn Sa‘îd Raslên, traduit par Aboû Fahîma Abd Ar-Rahmên El Bidjê’î. Publié par le Markaz Al-Jama’a dans Articles.

document-dossier-g388-orange-papier-icone-6665-128Certes, la Louange est à Allâh, nous Le louons, implorons Son Secours et Lui demandons le Pardon. Nous nous protégeons par Allâh contre le mal de nos propres âmes et contre les maux engendrés par nos mauvaises actions. Celui qu’Allâh guide, nul ne pourra l’égarer, et celui qu’Il égare, nul ne pourra le guider.

Et j’atteste qu’il n’y a point d’adoré à part Allâh, Seul sans aucun associé, et j’atteste que Mouhammed est Son serviteur et Messager.

{Ô vous qui croyez ! Craignez Allâh comme Il mérite d’être craint et veillez à ne mourir qu’en musulmans !} Êl cImrân (La Famille d’Imran), V. 102.

{Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être et qui, ayant tiré de celui-ci son épouse, fit naître de ce couple tant d’hommes et de femmes ! Craignez Allâh au Nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens de sang. Certes, Allâh vous observe en permanence.} An-Nisê’ (Les Femmes), V. 1.

{Ô vous qui croyez ! Craignez Allâh et parlez avec droiture, afin qu’Il réforme vos œuvres et absolve vos péchés. Quiconque obéit à Allâh et à Son Messager obtiendra un immense succès.} El Ahzêb (Les Coalisés), V. 70-71.

Après cela : certes, la Parole la plus véridique est celle d’Allâh, et la meilleure conduite est celle de Mouhammed -Prière et Salut d’Allâh sur lui-, et les choses les plus mauvaises sont les innovations religieuses, et toute innovation religieuse est hérésie, et toute hérésie est égarement, et tout égarement est voué au Feu de l’Enfer.

Puisque les meilleurs croyants sont ceux qui ont une plus grande part de bon comportement ; en revanche, les gens les plus mauvais sont ceux qui ont une plus grande part de mauvais comportement.

D’après ‘Â’icha -qu’Allâh l’agrée-, le Messager d’Allâh -prière et salut sur lui- a dit : « Ô ‘A’icha ! Très certainement, parmi les plus mauvais gens, il y a ceux que les gens délaissent (ou que les gens abandonnent) par crainte de leur indécence. » Unanimement reconnu authentique.

Et qu’y a-t-il de bien dans l’insolence alors qu’elle tire d’un arbre dont la racine est dans le Feu, et qu’elle mauvais séjour ?!

D’après Aboû Houreyra -qu’Allâh l’agrée-, le Messager d’Allâh -prière et salut sur lui- a dit : « La pudeur fait partie de la foi, et la foi est dans le Paradis ; l’insolence fait partie de la rudesse, et la rudesse est dans le Feu. » Rapporté par At-Tirmidhî et El Hêkim et est authentifié par El Albênî dans As-Silsila As-Sahîha.

L’insolence (el badhê’), c’est d’être indécent dans ses propos. Et l’indécent, qui est également insolent, est détesté par Allâh -à Lui la Majesté-.

D’après Ouçêma Ibn Zeyd -qu’Allâh les agrée-, le Messager d’Allâh -prière et salut sur lui- a dit : « Certes, Allâh n’aime pas tout indécent qui insulte expressément les gens (el moutafahhich). » Rapporté par Ahmed, et jugé bon par El Albêni dans Sahîh El Djêmi‘.

L’indécent (el fêhich) est celui qui prononce et commet des indécences.

Et el moutafahhich, est celui qui dit et fait intentionnellement des indécences.

 

Montrer le moyen indiquant à l’homme ses défauts spirituels :

Quiconque veut prendre connaissance de ses défauts spirituels, en pourra recourir à quatre moyens :

Le premier moyen :

Qu’il s’asseye [assidûment] entre les mains (c’est-à-dire, devant ou avec) d’un cheikh clairvoyant dans les défauts spirituels. Celui-ci lui apprendra ses défauts spirituels ainsi que les façons de les traiter. Or un tel cheikh est devenu très rare à cette époque. Quiconque parvient à en trouver un, aura donc certes trouvé un médecin perspicace qu’il ne convient pas de quitter.

Le deuxième moyen :

Qu’il cherche un ami vérace, clairvoyant et religieux qu’il posera comme surveillant sur lui, afin de le prévenir de ses caractères et actes détestables.

À ce sujet, l’Émir des croyants, ‘Oumar Ibn El Khattâb -qu’Allâh l’agrée- disait : « Qu’Allâh fasse miséricorde à un homme m’ayant indiqué mes défauts. » Et une fois, il avait interrogé Sèlmên -celui-ci étant venu lui rendre visite- sur ses défauts qui lui dit : « J’ai entendu que tu as mis deux sortes d’aliment sur ta table, que tu as deux vêtements différents : l’un pour la nuit, l’autre pour le jour. » ‘Oumar lui dit alors : « Y a-t-il autre chose qui t’est transmise ? » Selmên lui dit : « Non. » Ainsi ‘Oumar le rassura en disant : « Quant à ces deux choses-là, je me charge [de ne plus les faire]. »

Voire, ‘Oumar -qu’Allâh l’agrée- demandait à Houdheyfa : « Fais-je partie des hypocrites ? » ; cela parce que toute personne dont le degré d’éveil est haut, son auto-accusation augmente. Mais, à cette époque, il est rare de trouver un ami jouissant de ce caractère, étant donné que du nombre des amis, très peu délaissent la transigeance et informent ainsi [leur ami] de son défaut, ou délaissent l’envie, sans dépasser ce qui en est obligatoire (c’est-à-dire à démontrer).

Dans ce sens, les prédécesseurs aimaient ceux qui les préviennent de leurs défauts. Or, nous, présentement et fréquemment, les gens que l’on hait le plus sont ceux qui nous présentent nos défauts.

C’est en fait une preuve de la faiblesse de la foi. Certes, les mauvais caractères sont tels des scorpions ; si quelqu’un nous averti que sous l’habit d’un parmi nous se trouve un scorpion, nous l’aurons effectivement remercié, et nous tâchions de ce scorpion, alors que les mauvais caractères sont pires que les scorpions. Ceci n’échappe à personne.

Le troisième moyen :

Qu’il prenne connaissance de ses défauts des paroles de ses ennemis. Car l’œil d’un homme coléreux révèle bien les défauts [de la personne contre laquelle il est en colère]. Et l’homme se fait beaucoup plus profiter par un ennemi avec qui il est en litige, qui mentionne ses défauts, que par un ami transigeant, qui lui dissimule ses défauts.

Le quatrième moyen :

Qu’il fréquente les gens. Ainsi, tout ce qu’il voit de blâmable en eux, il l’évite.

Et sache, qu’Allâh me guide ainsi que toi, que la chose, toute entière, après l’aide d’Allâh -Très-Haut-, se résume au fait d’être sérieux, de sortir du cercle des fautes dépréciées, car, une fois réunies contre un homme, elles le font périr.

D’après Sehl ibn Se‘d -qu’Allâh l’agrée-, le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit : « Méfiez-vous des péchés dépréciés (petits), car l’exemple des péchés dépréciés est comme celui d’un groupe d’hommes qui descendent au fond d’un ravin duquel tout un chacun apporte une branche, jusqu’à ce qu’ils en aient porté suffisamment pour faire cuire leur pain ; et, certainement, les péchés dépréciés, leur auteur, quand il en rendra des comptes, ils le feront périr ».  Hadith rapporté par Ahmed, At-Tabarânî dans El Kabîr, et authentifié par El Elbêni dans As-Silsila As-Sahîha.

De même, le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- a ordonné à Aboû Dherr -qu’Allâh l’agrée- qu’il fasse beaucoup de bien, et que le peu soit pour lui apprécié, non déprécié ni négligé. D’après Aboû Dherr -qu’Allâh l’agrée-, le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit : « Ne déprécie rien des œuvres de bien, même si de rencontrer ton frère 1 avec un visage détendu (décrispé) ». Rapporté par Mouslim. An-Nawawî -qu’Allâh lui fasse miséricorde- a dit : « Ce hadith motive à faire le bien et ce qui en est possible même si peu, même de détendre son visage lors d’une rencontre ».

Cela dit, ne fait point partie du bon comportement que l’homme croyant soit soumis au faux, assujetti aux choses blâmables, transigeant au détriment de sa religion et soumis aux diables humains, mais, bien au contraire, l’affaire est telle qu’Allâh -Très-Haut- a dit {Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion… Allâh va faire venir un peuple qu’il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allâh, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allâh. Il la donne à qui Il veut. Allâh est Immense et Omnipotent.} El Mê’ida (La Table Servie), v. 54 ; et tel aussi qu’Il a dit -Puissant et Majestueux- {Mouhammed est le Messager d’Allâh. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux.} El Feth (La Victoire Éclatante), v. 29.

Quoique le moyen total pour polir son comportement est de suivre la voie opposée à toutes les choses qui passionnent l’âme et auxquelles elle est encline. En effet, Allâh a réuni tout cela en un seul verset dans Son Livre Sublime, Il a dit -Très-Haut soit-Il- {Et pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et préservé son âme de la passion, le Paradis sera alors son refuge} An-Nêzi‘êt (Qui Arrachent Les Âmes), v. 40-41.

Et la base importante concernant la lute de soi est de persévérer dans sa détermination. Ainsi quand l’homme se détermine de délaisser un désir dont les moyens de l’accomplir sont disponibles, et ceci est en fait une épreuve et un examen de la part d’Allâh -Très-Haut-, il lui appartient de patienter et de continuer dans sa détermination, sinon si au contraire il prend l’habitude d’abandonner ses résolutions, son âme s’en accoutumera et sera corrompue par la suite. Néanmoins, s’il lui arrive d’annuler une résolution (détermination), il lui appartiendra alors de s’infliger une peine pour cela. Et s’il n’intimide pas sa propre âme par une punition, elle le convaincra et lui embellira le fait d’assouvir son désir, ce qui entrainera alors l’altération littérale du moyen de polissement de son caractère.

Ô Allâh, par Ta Puissance et par mon humilité, je te prie de me faire miséricorde ! Je Te Prie par Ta Force, et par ma faiblesse, et par le fait que Tu Te passes de moi et que je ne me passe point de Toi ; voici mon toupet, menteur et pécheur entre Tes Mains (devant Toi), Tes serviteurs hormis moi sont nombreux, alors qu’à part Toi je n’ai point de Seigneur, point d’abri et point de salut me sauvant de Toi si ce n’est de m’orienter vers Toi.

Je Te prie à la manière d’un pauvre, et je Te supplie comme le fait celui qui T’est assujetti et humble ; je Te prie comme le fait celui qui a peur de Toi tout en étant dans la nuisance, comme le fait celui qui est assujetti à Toi, qui est acculé à T’implorer ; dont les yeux coulent pour Toi, et dont le cœur est humble envers Toi de faire miséricorde à la Nation de Ton Prophète et bien-aimé Mouhammed -prière et salut sur lui- !


  1. Ici le mot « frère » est général, signifiant tout musulman lié à nous par la foi en Allâh ; d’où les expressions « frère en Allâh », « frère en islam »… NDT.

Plus d’articles…